sujet
Mon humeur est plus instable que 6 bébés éléphants en patins sur un lac à demi-gelé.
Ce matin était si beau, je me sentais tellement paisible. Détails subtiles; ma posture est plus droite, mon regard plus confiant, ma démarche légèrement plus sexy, nettement plus décidée. Détails qui passent complètement inaperçus aux yeux de mes confrères, de mes compagnons de métro, d'environ tout le monde. Même un bon ami ne les détecterait probablement pas mais je les remarque et ça me fait sourire.
Durant ces bons matins, je prends soudainement conscience de tous les petits détails qui rendent ma vie absolutement délicieuse. J'observe les gens et je souris. Je me sens forte, solide et capable. Parfois je me dis que c'est un symptôme de bi-polarité... des moments maniaques où je pourrais affronter le monde de par moi-même et venir à bout de tous les obstacles que la vie pourrait mettre sur mon chemin. Je sais très bien que je pourrais me lever demain et épuiser toute mes forces à simplement me retenir d'éclater en sanglots au travail. Je prends les bons moments quand ils passent, je fais passer les mauvais moments quand ils me prennent.
Mon ordinateur me manque terriblement, j'ai une envie folle de créer. J'ai des images plein la tête et plein la carte mémoire de ma caméra. La patience est mère de toutes les vertues.
Y'a un homme qui prend le métro en même temps que moi, le matin à Lionel-Groulx. Sur le quai, en attendant le wagon, il va et vient sans arrêt. Début quarantaine, il a un petit excès de poids et un visage marqué par l'acné. Ses yeux bougent par petits mouvements secs et rapides. Je m'assieds avec mon mot croisé (c'est ma nouvelle nicotine) et ne peut m'empêcher de le regarder du coin de l'oeil. Il marche. Revient. Repart. Continue son manège jusqu'à ce que le métro ouvre la bouche pour nous avaler tous. Dans son regard, on sent qu'il voudrait cesser. Sa conscience est à genou devant son cerveau, qui fait marcher ses pieds contre son gré. Sur mon banc, je suis victime du même manège. Mes yeux ne cessent de le remarquer et il m'étourdit. Je veux l'ignorer mais mon cerveau entêté continue d'enregistrer les cercles rythmés qu'il dessine autour de la foule endormie. Nous sommes tous esclaves de nous-mêmes. Tous superbement animal dans nos réflexes.
La vie est ce qu'on est fait, y'a jamais eu de plus grande vérité.





